Prendre soin de soi psychologiquement en moment de crise

La situation de pandémie est une source d’anxiété à plusieurs niveaux : peurs de la maladie et de la mort, pertes et inquiétudes financières, désorganisation de la vie professionnelle et personnelle, isolement pour certains, intensité relationnelle pour d’autres. Bref, le besoin de se protéger physiquement a des conséquences psychologiques importantes qu’il vaut mieux reconnaître immédiatement.

Comment prendre soin de soi ?

D’abord reconnaître notre anxiété. Elle est normale dans les circonstances. Je suggère de commencer par identifier tout ce qui nous inquiète, de nommer ces peurs, ne serait-ce que pour soi-même, afin d’éviter de ressentir une angoisse diffuse. Se confier, oui, échanger à ce sujet, oui, cela demeure important. Mais il faudrait éviter que cela prenne toute la place dans nos échanges avec les autres.

Dans la peur, il y a deux composantes : la gravité de ce que l’on craint et la probabilité que cela arrive. Il y a lieu de se poser des questions sur les idées que l’on entretient – sont-elles réalistes ? Notre degré de peur est-il l’équivalent de 90% de probabilité que nous ou un proche meurt alors qu’en réalité il y a une probabilité de 3% que l’on soit malade et qu’on en guérisse ? Même cette dernière situation est inquiétante et mérite qu’on prenne toutes les mesures pour l’éviter mais elle laisse beaucoup d’espace pour espérer que tout aille bien. Nos anticipations risquent fort d’être erronées. Le moment présent est intense…et suffisant. Restons-y !

Pour chacune de nos peurs, il faut établir les éléments sur lesquels on a du contrôle et ceux ne relèvent pas de notre pouvoir. Pour les premiers, on peut se faire un plan d’action, poser les gestes qui permettent de nous protéger et prendre des décisions qui favorisent notre bien-être au quotidien. Pour les seconds, il faut apprendre à faire confiance : aux experts, qui en savent plus que nous, à nos dirigeants, qui ont une vision plus large que la nôtre, à la vie, qui est plus forte que la mort, sinon nous n’aurions pas survécu.

Nous continuons d’avoir besoin de relations et de bonnes relations. Demeurons en contact, même à distance. Protégeons nos relations des bouleversements émotifs qui risquent de les contaminer. Nous reviendrons sur ce thème particulier dans un prochain billet.

Je vous invite à me transmettre vos questions via ma page Facebook. J’y répondrai tous les lundis.

Lisez également mon billet sur La solitude et ses bienfaits.

Rose-Marie Charest, psychologue et conférencière

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